Pascal Siakam pour la All-NBA

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IG/zach_nph

The following is a French translation of an article titled “Pascal Siakam for All NBA.” The original author is Samson Folk, and the translator is Lucas Favero.

La lutte pour le titre de All-NBA est un cruel jeu de chaises musicales entre les futurs hall of famers et les All-Stars de cette saison. Deux saisons entières après avoir décroché sa première sélection All-NBA lors d’une saison régulière où tout s’était passé pour le mieux pour les Raptors, Siakam réclame cette place dans une année où il (et Fred VanVleet) a souvent empêché que tout tourne mal.

Nous avons vu Siakam jouer un rôle de soutien majeur dans une équipe championne. Il n’y a aucun doute sur le fait qu’il sait s’adapter et qu’il peut fit à côté d’un bon nombre de stars. Cette année, plus que tout autre chose, Siakam a montré qu’il était capable de porter et faire gagner une équipe en étant le rouage principal de l’attaque dans des conditions loin d’être idéales. Une partie de l’argumentation en faveur de la sélection de Siakam à la All-NBA consiste à souligner à quel point ce qu’il fait est difficile.

Pas de tirs faciles, que des tirs compliqués

Quand Siakam était aux côtés de Kawhi Leonard et Kyle Lowry, il affichait des stats d’une efficacité absurde. 63% TS, un nombre de points par tirs tentés meilleur que 83% de la ligue, et tout ça en n’étant assisté que sur 56% de ses tirs. Siakam a évolué dans un océan d’espace et a rôdé autour de ceux qui ont dérivé au-delà des bouées, y compris Draymond Green, avant de planter le tir pour gagner le titre.

Et maintenant ? C’est l’un des joueurs qui subit le plus de prises à deux de la NBA. Il ne reçoit que très peu d’aide sur écran, ses shooteurs font des aller-retour dans la lineup, et les équipes lui accordent une attention particulière. La mission qui attend Siakam est souvent la suivante : trouver un moyen de marquer face à son défenseur, la défense du côté de l’aide, et chaque défenseur qui tente de le coincer. Les défenses en pack line l’empêchent de driver et s’interposent sur chaque tir qu’il veut prendre. Lorsque Siakam résout le labyrinthe qu’est la défense et parvient à finir près du cercle, il tire avec un très bon 67% de réussite et subit une faute sur 31,7% de ses drives. Les équipes sont inquiètes lorsqu’il fonce vers le panier. Deux joueurs jouent l’isolation plus souvent que Siakam. Shai Gilgeous-Alexander, qui est déjà l’un des meilleurs joueurs sur drive de tous les temps, et James Harden, l’un des meilleurs joueurs sur isolation de tous les temps.

La solution de Siakam ? De superbes qualités à la création et des tirs à courte mi-distance. Lorsque les shooteurs ont le vent en poupe, Siakam fait ses fameux spins et flirte avec le triple-double alors que les équipes envoient toutes leurs armes pour le stopper, en vain. Cependant, les Raptors sont dans la moitié inférieure de la ligue en termes de tirs à 3 points marqués et en taux de réussite. Pour la première fois de sa carrière, Siakam prend plus de tirs à courte mi-distance (36%) qu’il n’en prend près du cercle (32%). Encore une fois, ce n’est pas un manque de dynamisme ou de volonté de sa part, c’est le résultat de la vigilance défensive. Dans ce contexte difficile, Siakam a réussi à devenir l’un des meilleurs joueurs de la ligue dans la zone de 1-4 mètres (48%), et en a fait un secteur où il prend des tirs avant l’arrivée de la prise à deux, ou en ressort par une passe pour trouver des coéquipiers. La mi-distance est le terrain de jeu des stars, et bien que Siakam souhaite y passer moins de temps, il en tire le meilleur profit.


Voici un moyen facile de résumer ce sujet en une citation brève : Le corner 3 est un tir que Siakam crée pour beaucoup de ses coéquipiers, et c’est l’un des tirs les plus recherchés en NBA. Siakam réussit 48% de ses corner 3, ce qui est mieux que 90% des joueurs de la ligue. Parmi les ailiers/ailiers forts en NBA, aucun joueur ne tente aussi peu de corner 3 que Siakam. Rien n’est donné.

Et si vous pensez : “Siakam a juste besoin de s’améliorer à 3 points, d’en prendre plus, et après c’est du gâteau.” Vous avez partiellement raison. Être un meilleur tireur à 3 points aide tout le temps. Mais, Siakam étant plus sélectif et méthodique du parking et préférant serpenter au milieu du terrain est souvent meilleur pour les Raptors. Croyez-le ou non, Devin Booker est une meilleure comparaison avec Siakam au niveau de la sélection de tirs que beaucoup d’intérieurs, et Siakam ne peut pas tirer sur un coup de tête comme le ferait Booker, il doit exploiter ce qui est à sa disposition.

Siakam est un playmaker spécial, et particulièrement depuis le milieu du terrain. En refusant ces tirs à 3 points, il donne plus de travail à la défense et permet à ses coéquipiers de s’impliquer davantage. Parfois, une possession doit se terminer par un tir à 3 points de Siakam, le tir est ouvert, et voilà pourquoi c’est une bonne chose qu’il ait lentement retrouvé sa forme de ce côté-là (35,9%, comme lors de sa saison All-NBA). Mais cette saison, Siakam privilégie les séquences en tant que playmaker plutôt que les séquences en tant que tireur à 3 points et cela porte ses fruits. Il est rare de voir Siakam avec moins de 20 points dans un match ces jours-ci, et voici pourquoi. Il laisse la fluctuation à 3 points à des joueurs comme VanVleet et Gary Trent Jr – Siakam cherche à créer quelque chose de fiable.

Parlons playmaking

En dehors des passes folles que seuls les meilleurs peuvent faire, le playmaking commence par mettre la défense dans une position délicate. Comme nous l’avons vu précédemment, les équipes modifient la structure de leur défense pour tenir compte de Siakam et doublent (parfois triplent) en plus de cela. Il compromet les défenses. Souvent, la passe que fait Siakam est destinée à un tireur à 3 points. Les équipes le resserrent dans la raquette, et laissent des tireurs ouverts. Mais la taille de Siakam lui permet aussi de faire des passes hautes et basses si besoin. Avec des joueurs qui cut avec un gros volume comme OG Anunoby, Chris Boucher et Scottie Barnes, les Raptors peuvent exploiter ces opportunités pour scorer. Les paniers rapides sur “Horns”, les attaques en “flex”, les postups, les paniers rapides en transition, les cuts à 45° et les mouvements vers la position de dunk valent tous la peine si c’est Siakam qui a la balle. Il est particulièrement bien équipé pour créer des actions dans les domaines où VanVleet en est incapable.


Parmi les intérieurs, seuls 4 joueurs ont une moyenne de passes décisives supérieure à la sienne : Nikola Jokic, Draymond Green, Domantas Sabonis et Giannis Antetokounmpo. Il est plutôt bien entouré. Et peut-être ne le considérez-vous pas comme un intérieur ? Pour la postérité, son pourcentage de passes décisives (21,7%) le placerait au-dessus de 98% des ailiers, de 94% des intérieurs et 92% des ailiers/ailiers forts. Placez-le dans n’importe quelle catégorie de joueurs, et il est top tier. C’est un playmaker fantastique.

Les meilleurs joueurs de la ligue dominent la partie offensive du terrain, et Siakam est la marée montante qui soulève tous les bateaux. VanVleet mange un tas de possessions en pick n’ roll (et s’en sort plutôt bien), et Siakam prend le petit bout du bâton pour que les Raptors puissent mettre en place une attaque plus variée. Il leur permet de trouver du succès dans des situations différentes, et rend plus compliquée l’adaptation à la moindre chose pour les défenses adverses. L’attaque des Raptors est +7,5 (points par 100 possessions) meilleure avec lui sur le terrain. Ils tirent mieux, perdent moins de ballons et vont plus souvent sur la ligne des lancers.

Autres lectures / visionnages intéressants sur l’attaque de Siakam :

La synergie entre Scottie Barnes et lui.

La croissance et les changements subtils de Pascal.

Les poses d’écrans de Siakam.

Pascal Siakam et les prises à deux.

Le “PnR” Pascal Siakam – Fred VanVleet :

Ok, parlons maintenant défense

Il faut reconnaître à Siakam qu’il s’est tellement développé sur le plan offensif qu’il est désormais considéré comme plus impactant sur ce plan que sur le plan défensif. Mais ne pensez pas que c’est parce qu’il a renoncé à la partie moins glamour du terrain. Le défenseur qui s’est fait connaître en sortant sur des joueurs comme prime John Wall et Russell Westbrook, continue de sortir sur des joueurs comme Trae Young, de poursuivre Luke Kennard à travers les écrans des pindowns et de switcher sur Jayson Tatum pour le forcer à manquer son tir. Sa couverture du terrain dans toute la ligue n’est pratiquement jamais égalée, et sa conscience aiguë du schéma défensif des Raptors – et des nuances de sa mise en œuvre – le met en mode “résolveur de problèmes” lorsque des erreurs sont commises par d’autres joueurs.

Cette propension à rester en retrait et à protéger des pires scénarios explique pourquoi le pourcentage de ballons perdus par les Raptors diminue lorsqu’il est sur le terrain. Cela peut être décevant pour certains, compte tenu de l’amour des Raptors pour les pertes de balle, mais ils accordent moins de points lorsque Siakam est présent. Il réalise la meilleure saison au rebond de sa vie, il aide considérablement les Raptors à close-out leurs possessions défensives. Il attrape plus de rebonds contestés, ce qui lui permet d’avoir plus d’opportunités de récupérer le rebond et de directement lancer la transition, ce que les Raptors adorent. Et dans une saison où il passe un peu plus de temps à protéger le cercle, il maintient les attaquants à 5% moins bien que prévu à moins d’1 mètre. Et ce n’est pas parce que les autres Raptors tentent plus de choses que Siakam n’est pas un playmaker défensif. Il sait lorsqu’il prend des risques, mais il va se jeter sur la ligne de passe, tricher dans les espaces et sortir sur le break.


La condition physique de Siakam en défense a pris un peu de temps pour revenir. Au début de la saison, il aurait attendu un peu plus bas derrière les écrans, été moins agressif dans les brèches et dans des situations où le pivot se retrouve au poste, et si il trichait sur certaines actions, il était moins dynamique pour récupérer la balle. Cela a coïncidé avec une accalmie de plusieurs autres Raptors, un changement des coups de sifflet dans la NBA, et une réaction défensive brutale de la part de l’équipe. Depuis son retour de COVID le 28 décembre, je pense que Siakam peut être considéré comme le meilleur défenseur des Raptors. Il n’y a aucune rancune dans le choix de VanVleet, mais Siakam n’a pas manqué un match depuis, il vous donne près de 40 minutes de temps sur le terrain nuit après nuit, il fait des kilomètres et a plusieurs casquettes dans la défense des Raptors. Les Raptors sont la 9ème meilleure défense à l’heure actuelle.

Derniers mots

Siakam n’a pas l’élan ou l’inertie derrière son nom qui accompagne généralement les stars. Ce n’est pas un nom que les médias peu informés trouveraient logique d’inscrire sur un bulletin de vote. Sa réputation a été dépouillée dans la bulle, et refaite par des punchlines qu’il ne méritait pas. Il a travaillé comme un fou pour revenir ici.

Il a peut-être commencé la saison sur la liste des blessés et a mis 5 à 8 matchs pour se remettre dans le bain, mais il a été un homme de fer depuis, il a passé plus de temps sur un terrain NBA que Kevin Durant, LeBron James, Jimmy Butler, Brandon Ingram et Khris Middleton. Siakam s’est amélioré dans de nombreux aspects de son jeu, dans un environnement en mutation et dans un environnement gagnant qu’il a contribué à créer. Les Kevin Durant et les LeBron James trouveront leur place dans une équipe All-NBA, bien-sûr. Mais Siakam en fera aussi partie.

Toutes les statistiques proviennent de NBA(point)com/stats et Cleaning the Glass – exactes au 21/03/2022.

Passez une bonne journée.

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